Processus


Processus

Mes œuvres sont davantage intéressées par l’acte de peindre que par des thèmes précis. Il n'y a pas de préparation, il n'y a ni choix du sujet, ni esquisses, me permettant d'être uniquement concentrée sur les émotions du moment et les pulsions inconscientes. Une forme de force créative de l'instant me ramenant à des gestes automatiques semblables au concept de l’automatisme pictural. Cette une première étape de mon travail, une forme « d'état de grâce » durant lequel je ne suis pas en réflexion mentale mais dans une forme d'état second où le subconscient se concrétise visuellement sur la toile. Cela va constituer la base de ma peinture, son rythme, sa circulation, ses zones d'ombres, de lumières, etc . C'est dans un second temps que la prise de recul se fait, que les couleurs et les plans s'organisent en tant qu'espaces se formant par superposition, par stratification voire surimpression. Me rapprochant ainsi de l'idée de « feuilletage spatiale » de Jean Arnaud et de l’expérience faite des espaces «multidimensionnels, déployés, diffractés, feuilletés ». C'est en déconstruisant les codes académiques de constructions d'une image que je fais surgir la quatrième. Ainsi, je rompt avec la perspective linéaire, perturbe l'horizon, transforme le rapport d'échelle, investis les marges et le hors champs, change le point de vue du spectateur pour déstabiliser nos perceptions, nos représentations et inventer une autre relation au monde.